Les Cages De l'Enfer

NO PROGRAM !
» Entrée libre réservée à un public adulte et averti. L'absorption de la pilule TK constitue votre laissez passer obligatoire pour disparaître dans le monde du Chaos.


Je me refuse donc à un programme, les seuls mots seraient :
Apparition, annonciation, avènement, commencement, création, éclosion, émergence, épiphanie, éruption, esprit, évocation, explosion, fantôme, forme, hallucination, irruption, magie, manifestation, PMD , spectre, théophanie, venue, vision... L'Internet profond est ici chambre funéraire du corps canonique au corps monstrueux, du corps primitif au corps éternel. Une version psychotique en noir et blanc.

Mille fois la première question de mes visiteurs abasourdis est "pourquoi" ?
Ma seule rédemption passait par cette terrible épreuve, renaître par ma damnation première, la démence que l'on reçoit comme une onction suprême à la naissance pour se transcender dans l'Art. Cette fureur maniaque, ma sulfureuse maîtresse sera de nouveau ma complice avec ses troubles de l'humeur.
Elle donnera la vie à ma plume pour écrire une longue, une très longue histoire qui naît de la nuit des temps, s'abreuve du chaos alchimique, prima materia de ce XXIème siècle tragique et somptueux pour s'incarner dans ma chair et mes ½uvres et retrouver le monde des demeures philosophales.

Il fallait accomplir ce Grand Oeuvre, quel qu'en soit le prix :
Le hurlement des gueux, la vindicte des hommes en noir, l'anathème des moralistes. Mais tous oubliaient que depuis la naissance du droit, il n'y a ni crime ni délit lorsque le prévenu est en état de démence ou contraint par une force majeure.
Cette démence de l'acte artistique, cette force majeure qu'est la folie créatrice permet à l'homme depuis des millénaires de bâtir des temples, des catacombes, des charniers, des lieux de génuflexion, des calvaires, des labyrinthes, des Golgotha, des oratoires, des chemins de croix, des sanctuaires, des prieurés, des cathédrales de lumière. Tout cela, fidèle lecteur, sont les mots qui me désignent, le souffle alchimique de Teufelkinds.


Alors à ta véritable question, pourquoi cette noirceur ?
Je te réponds simplement: Quand tu verras la noirceur, réjouis-toi car c'est le début de l'Oeuvre.
# Posté le jeudi 22 novembre 2007 10:07
Modifié le jeudi 24 avril 2008 12:04

SOMMAIRE DU BLOG

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# Posté le jeudi 22 novembre 2007 10:09
Modifié le mercredi 11 juin 2008 11:30

La Mouche d'Eqrön

La Mouche d'Eqrön
Veux-tu vraiment casser mon jugement,
Me condamner pour assurer ton droit ?
Ton bras a-t-il une vigueur divine,
Ta voix peut-elle tonner pareillement ?
(Job, 40 : 8,9)


La rue était étroite, sombre et silencieuse. De temps en temps le rythme régulier des pas usés, d'une silhouette heurtant les détritus, interrompait le silence. Les chats dormaient ou bien étaient morts. Ma forme progressait lentement, à tâtons, longeant les murs, qui dégageaient des odeurs d'urine et de déchets. Mes pensées sifflaient comme des milliers de serpents, cacophonie qui brisait sans cesse la paix de mon âme. J'avais aimé, je m'étais lamenté, les siècles, les guerres et les épidémies étaient passées. Certains ont été remplacés, d'autres avaient épousés leurs habitudes, leurs espoirs et leurs douleurs. Cette inexorable succession rugissait dans ma tête comme des océans déchaînés.
J'avais vu les promesses, les massacres, vu briller l'or et vu tomber des têtes, les mémoires chanceler, des pays s'écrouler et les hommes jusqu'à oublier le nom du out Puissant. Les épées avaient moult fois tâchées les nuages de sang mais rien n'était comparable à l'horreur de devoir à nouveau fouler la Terre, emprisonné dans une prison de chaire puante et si fragile. Durant ce temps interminable je m'étais tue, écoutant les plaintes sourdes de mon c½ur.
Le Seigneur des Mouches avait obscurcit le ciel, faisait tomber le feu sur la Terre et mes oreilles percevaient encore les hurlements des habitants. Tout cela empestait la mort. Le Chaos avait triomphé.

[...] Je l'avais observé de là-haut, en attendant l'heure propice. Il devait arriver d'une minute à l'autre. Je le sais, je l'avais rêvé. Il était là. Il avait débarqué sur la place du centre ville. Un être rentré d'un fastidieux périple se traînant, son âme mutilée par l'amour, chassé du c½ur de tout son peuple. J'étais son sauveur, je me devais de faire éclore en lui les pensées et les émotions. Il poursuivait son chemin en direction de la lune, plus seul que jamais.
# Posté le jeudi 22 novembre 2007 10:13
Modifié le jeudi 24 avril 2008 12:23

Apocalypse ou Les six livres

Livre I.
Satan est maintenant enchaîné pour mille ans et après il tentera à nouveau d'organiser la Guerre.

Livre II.
Les habitants de la Terre se prosterneront devant la Bête à dix cornes et sept têtes.

Livre III.
Elle fera sortir de ses entrailles une autres Bête mais celle-ci n'aura que deux cornes et impressionnera tous les habitants avec le pouvoir de faire descendre le feu du ciel sur la Terre.

Livre IV.
Il y aura du tonnerre, des voix et des éclairs, le soleil sera devenu noir, la Lune se rougira, les astres tomberont sur la Terre et tous les hommes se cacheront.

Livre V.
De la grêle, du feu et du sang tomberont du ciel.

Livre VI.
Le tiers du monde sera incendié.
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# Posté le jeudi 22 novembre 2007 10:18
Modifié le jeudi 24 avril 2008 12:21

Le Horla (extrait) - Guy De Maupassant

Sous forme de journal, le narrateur nous rapporte ses angoisses et troubles : il sent la présence d'un être invisible autour de lui qu'il nomme le "Horla". Tout au long de la nouvelle, le doute s'installe quant à la folie du personnage principal, ou plutôt de son aliénation, en référence à l'emprise du "Horla". Plusieurs pensent que l'auteur était lui-même fou lorsqu'il a écrit cette nouvelle mais ce n'est que plus tard dans sa vie qu'il développera lui-même une folie. Ce qui contribue a faire naître le fantastique : la folie et la démence du héros. Elles sont les principales causes de troubles mentaux du narrateur. Cette présence devient de plus en plus insupportable pour le héros qui décide de mettre fin à la vie du "Horla" ou même à la sienne...


12 Mai :

J'ai un peu de fièvre depuis quelques jours ; je me sens souffrant, ou plutôt je me sens triste.
D'où viennent ces influences mystérieuses qui changent en découragement notre bonheur et notre confiance en détresse. On dirait que l'air, l'air invisible est plein d'inconnaissables Puissances, dont nous subissons les voisinages mystérieux. Je m'éveille plein de gaieté, avec des envies de chanter dans la gorge. - Pourquoi ? - Je descends le long de l'eau ; et soudain, après une courte promenade, je rentre désolé, comme si quelque malheur m'attendait chez moi. - Pourquoi ? - Est-ce un frisson de froid qui, frôlant ma peau, a ébranlé mes nerfs et assombri mon âme ? Est-ce la forme des nuages, ou la couleur du jour, la couleur des choses, si variable, qui, passant par mes yeux, a troublé ma pensée ? Sait-on ? Tout ce qui nous entoure, tout ce que nous voyons sans le regarder, tout ce que nous frôlons sans le connaître, tout ce que nous touchons sans le palper, tout ce que nous rencontrons sans le distinguer, a sur nous, sur nos organes et, par eux, sur nos idées, sur notre c½ur lui-même, des effets rapides, surprenants et inexplicables ?

Comme il est profond, ce mystère de l'Invisible ! Nous ne le pouvons sonder avec nos sens misérables, avec nos yeux qui ne savent apercevoir ni le trop petit, ni le trop grand, ni le trop près, ni le trop loin, ni les habitants d'une étoile, ni les habitants d'une goutte d'eau... avec nos oreilles qui nous trompent, car elles nous transmettent les vibrations de l'air en notes sonores. Elles sont des fées qui font ce miracle de changer en bruit ce mouvement et par cette métamorphose donnent naissance à la musique, qui rend chantante l'agitation muette de la nature ... avec notre odorat, plus faible que celui du chien... avec notre goût, qui peut à peine discerner l'âge d'un vin ! Ah ! si nous avions d'autres organes qui accompliraient en notre faveur d'autres miracles, que de choses nous pourrions découvrir encore autour de nous !


25 Mai :

Aucun changement ! Mon état, vraiment, est bizarre.
A mesure qu'approche le soir, une inquiétude incompréhensible m'envahit, comme si la nuit cachait pour moi une menace terrible. Je dîne vite, puis j'essaye de lire ; mais je ne comprends pas les mots ; je distingue à peine les lettres. Je marche alors dans mon salon de long en large, sous l'oppression d'une crainte confuse et irrésistible, la crainte du sommeil et la crainte du lit. Vers dix heures, je monte donc dans ma chambre. A peine entré, je donne deux tours de clef, et je pousse les verrous; j'ai peur... de quoi ?... Je ne redoutais rien jusqu'ici... j'ouvre mes armoires, je regarde sous mon lit ; j'écoute... j'écoute... quoi ?... Est-ce étrange qu'un simple malaise, un trouble de la circulation peut-être, l'irritation d'un filet nerveux, un peu de congestion, une toute petite perturbation dans le fonctionnement si imparfait et si délicat de notre machine vivante, puisse faire un mélancolique du plus joyeux des hommes, et un poltron du plus brave ? Puis, je me couche, et j'attends le sommeil comme on attendrait le bourreau.

Je l'attends avec l'épouvante de sa venue ; et mon c½ur bat, et mes jambes frémissent ; et tout mon corps tressaille dans la chaleur des draps, jusqu'au moment où je tombe tout à coup dans le repos, comme on tomberait pour s'y noyer, dans un gouffre d'eau stagnante. Je ne le sens pas venir, comme autrefois, ce sommeil perfide, caché près de moi, qui me guette, qui va me saisir par la tête, me fermer les yeux, m'anéantir.
# Posté le jeudi 22 novembre 2007 10:27
Modifié le jeudi 24 avril 2008 12:18